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Veste m-42 renforcée d’un parachutiste du 377th

Une relique, un secteur de découverte et une merveilleuse surprise, celle d’identifier l’ancien propriétaire de cette veste 80 ans après le débarquement en Normandie. Mais aujourd’hui, nous cherchons à aller plus loin…
En mai 1944, l’Angleterre « grouillait » de soldats alliés de différentes nationalités. La Normandie était désignée pour être le lieu du futur débarquement. Nous étions à la veille d’une des plus grandes opérations militaires. Les objectifs étaient ajustés sur les cartes. Les soldats allaient bientôt recevoir leurs ordres de mission. Le matériel, les rations, les munitions étaient acheminés en masse dans les ports et les aérodromes pour permettre la reconquête de l’Europe continentale. On peaufinait les derniers préparatifs. Le jour-J allait bientôt être une question d’heures. Chaque soldat avait conscience de prendre part à quelque chose d’historique. Mais c’est individuellement ensuite que chacun fera face à son propre destin. Le 377th PFAB (Parachute Field Artillery Battalion) dirigé par le lieutenant-colonel Benjamin Weisberg et équipés de 12 obusiers légers a son rôle a joué en Normandie. Il doit soutenir le 502ème régiment de parachutiste de la 101st Division aéroportée qui sera prochainement parachuté sur la zone de largage A, à l’est de Sainte-Mère-Eglise.
Mais rien ne va se passer comme prévu. Le 377th PFAB va connaitre l’un des plus mauvais largages cette nuit du 5 au 6 juin. Les soldats sont dispatchés dans tout le Cotentin du nord de Carentan jusqu’aux environs de Cherbourg. Les hommes se trouvent pour la plupart livrés à eux-mêmes en territoire ennemis pendant plusieurs semaines. Avec l’aide de la population, ils parviendront à se rassembler pour tenter de rejoindre leurs lignes. Mais beaucoup finiront blessés, capturés ou tués.
Après la guerre, dans une petite ferme de Tollevast au sud de Cherbourg, une veste américaine du débarquement est retrouvée. Elle connait une seconde jeunesse puisqu’elle sert pendant des années à un normand pour aller à la pêche et à la chasse. Puis les temps passant et l’intérêt naissant pour ce genre d’objet, la veste commence à attiser la convoitise de plusieurs collectionneurs. Elle est finalement mise à l’abri et disparait des « radars » pendant plusieurs années.
A la suite d’une série d’événements qui pourraient à eux seuls faire l’objet d’un roman, cette veste est réapparue et c’est tout récemment que nos équipes ont pu l’acquérir.
Une fois en notre possession, nous avons pu entamer un travail de recherche pour tenter d’identifier les marquages noirs écrit à l’intérieur de la veste à savoir : K-7216. Il s’agit d’un « laundry number », un numéro apposé sur le linge et le matériel individuel propre à chaque soldat leur permettant ainsi d’identifier leurs propres effets parmi ceux de leurs camarades. Ce numéro est constitué de la 1ère lettre du nom du soldat et les quatre derniers chiffres de son matricule. Notre objectif était alors de faire parler cette lettre et ces chiffres.
Après quelques heures de recherches, c’est dans les archives américaines que nous avons pu obtenir une réponse sur l’identité du propriétaire de cette veste. Le soldat de première classe Stephen E KOPER, numéro de matricule 36167216 appartenait à la batterie B du 377th PFAB. KOPER sauta en Normandie dans la nuit du 5 au 6. Nous sommes honorés aujourd’hui de pouvoir vous présenter la veste qu’il portait en juin 1944. KOPER avait la particularité d’être le barbier du bataillon. Il était né le 7 septembre 1918 et il est décédé le 11 février 2010. Il est récipiendaire d’une « bronze star medal ». A ce stade, nous n’avons malheureusement pas trouvé plus d’informations sur le soldat.
Si c’est pour nous toujours un grand plaisir de pouvoir mettre un nom sur un objet, nous sommes toujours à la recherche d’informations nous permettant de replonger dans l’histoire et la vie des hommes. Par cet article et vos partages, nous arriverons peut-être à en apprendre davantage sur le soldat Stephen E. KOPER qui s’apprêtait, il y a 80 ans, à sauter sur la Normandie pour venir nous libérer.

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