Parachute de secours d’un parachutiste américain
Le parachute de secours est une pièce emblématique du 6 juin 1944 et des parachutistes. Sur le devant des soldats, ils assurent une sécurité en cas de défaut d’ouverture du parachute principal situé dans le dos. Mais pour beaucoup de parachutistes américains et notamment les hommes de la 101st, la Normandie est le premier saut de combat. Les consignes de largages ne sont pas tout à fait les mêmes qu’à l’entrainement et les conditions météorologiques ainsi que la présence d’ennemis au sol vont modifier les « habitudes ».
Parce qu’ils seront largués à très basse altitude, certains soldats feront le choix de laisser les parachutes ventraux dans les avions avant de sauter. Ils savent qu’à la hauteur où ils seront largués, ce dernier n’aura pas le temps de s’ouvrir si des complications survenaient sur le parachute principal. Une fois au sol, les parachutistes sont vulnérables, le temps qu’il se dégagent de leur parachute et qu’ils prennent possession de leurs armes. Ainsi, le parachute ventral était le premier a être détaché et mis de coté et bien souvent laissé comme le reste des équipements de saut à l’endroit même où le parachutiste était arrivé sur le sol normand. Sur l’instant, rares sont les soldats qui prirent le temps de découper tout ou partie de leurs propres voilures pour se faire un foulard ou pour garder de la matière en vue de réaliser une future robe de mariée pour les fiancées restées au pays. Ils le firent généralement bien après sur d’autres effets de saut qu’ils auront l’occasion de trouver sur leur parcours.
Ce parachute a été trouvé plié en juin 1944 dans une parcelle derrière la ferme où habitait les personnes qui nous l’ont donné, entre Sainte-Marie-du-Mont et Saint-Germain-de-Varreville. Il fut comme beaucoup malencontreusement ouvert à la suite d’une mauvaise manipulation par les civils français (prise du parachute par sa poignée d’extraction rouge). Encombrant une fois ouvert, il fut monté au grenier où il nous attendait plus de 75 ans après le débarquement. Les élastiques maintenant les suspentes à l’intérieur ont séché sur le tissu du sac et non sur les suspentes. A part les quelques grignotages de souris et l’absence d’un petit morceau de voilure, ce parachute ventral nous est parvenu quasiment intact.
C’est toujours avec délicatesse que nous manipulons ce genre d’objets. Ils étaient là, en 1944, dans l’avion à survoler la Manche puis le Cotentin avant l’allumage de la lumière verte, indiquant aux parachutistes le moment de sauter. Ils étaient là cette nuit-là, sur le devant de la scène pendant le grand saut. S’ils pouvaient parler ou nous retranscrire les images de cette nuit du débarquement.
Collection Le Repaire Normand
